A propos de la note de présentation du projet sur la loi d’orientation de l’éducation nationale

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Le jeudi 10 mars la Coordination des Associations culturelles a été reçue par le MENRSE qui leur a fait un exposé du projet de la loi d’orientation. Auparavant, le mardi 8 mars, une note de présentation du projet de loi a été mise à la disposition de la Coordination pour préparer la rencontre du jeudi 10 mars avec le MEN.

Remarques générales :

  1. Une note de présentation est une description sommaire du projet de loi, et ne permet pas de prendre connaissance de toute la loi.
  2. Le délai de 2 jours est très insuffisant pour permettre à la coordination de discuter la note avec les membres des associations.

Malgré les 2 remarques faites plus haut, la note nous a permis de prendre connaissances de certains points importants relatifs au projet de loi d’orientation sur l’éducation nationale.

Les suggestions de la Coordination des Associations culturelles (ARPRIM, AMPLCS, APROLAWO)

  1. Au titre II, La Coordination propose de bien faire figurer parmi les finalités de l’école mauritanienne : « une école respectueuse de notre diversité culturelle et linguistique ». 
  2. Au Titre II : Dans ses finalités liées à l’instruction, la Coordination demande l’ajout du tiret suivant : l’école enrichira les potentiels culturels et cognitifs, physiques et psychologiques permettant « de maîtriser les langues nationales pulaar, sooninke et wolof, instruments d’acquisition du savoir à tous les niveaux d’enseignement, moyen de communication sociale, outils de travail et de production intellectuelle ».
  3. Au titre III, section enseignement des adultes, la Coordination suggère de bien mentionner : « l’alphabétisation est assurée dans les langues nationales arabe, pulaar, sooninke et wolof ».
  4. Au Titre V, chapitre 2 « des langues », on peut lire, notamment :

« Le Chapitre 2 intitulé « Des langues »instaure une nouvelle politique linguistique nationale instituant l’enseignement du poular, du soninké et du wolof en tant que langues nationales, renforçant l’enseignement de l’arabe en tant que langue nationale et officielle… »

Pour la Coordination ce paragraphe doit être intitulé comme suit : « une nouvelle politique linguistique nationale instituant l’enseignement en pulaar, en sooninke et en wolof en tant que langues nationales à officialiser, et qui, à terme, doivent donner les mêmes débouchés que l’autre langue nationale, l’arabe ».

En effet selon le rapport général : «Toutes nos langues nationales s’équivalent au regard de notre devise nationale : honneur, fraternité et justice. »

  • La Section 1  du Titre V: « De l’enseignement des langues nationales » stipule que : « L’enseignement est dispensé en langue arabe à tous les niveaux d’éducation, aussi bien dans les établissements publics que dans les établissements privés d’éducation et d’enseignement. » et que  « L’enseignement des autres langues nationales (poular, soninké, wolof) est introduit, promu et développé dans le système éducatif en fonction de la demande exprimée pour chacune de ces langues le cas échéant. »

Pour la Coordination, ce paragraphe doit être intitulé comme dans les « Mesures de réforme » du Rapport général à savoir : « L’enseignement est dispensé à tous les niveaux aux enfants mauritaniens dans les langues nationales : l’arabe, le Pulaar, le Sooninke et le wolof. »

Pour la Coordination, l’enseignement en langues nationales à tous les niveaux doit être une option et non à la demande, et ne doit pas ouvrir la voie à des interprétations… Dans la pratique, pour le Pulaar, le Sooninke et le Wolof, cet enseignement se fera selon leur degré de préparation (tâche confiée à une structure chargée de leur développement comme l’ancien ILN), dans l’enseignement fondamental d’abord, puis dans le secondaire et le supérieur.

  • Dans la Section 1 Titre V : « De l’enseignement des langues nationales », il est écrit : « L’arabe est enseigné à tous les enfants non arabophones comme langue de communication et comme véhicule d’apprentissage d’autres disciplines. »

Pour la Coordination, ce paragraphe doit s’écrire : « L’arabe est enseigné à tous les enfants non arabophones comme langue de communication » et « Tout enfant arabophone doit apprendre au moins l’une des trois autres langues nationales, le Pulaar, le Sooninke ou le wolof. »

Pour la Coordination il doit être écrit dans la loi : « Au niveau du fondamental, chaque enfant mauritanien effectue tous ses apprentissages dans sa langue maternelle ».

En effet, selon le Rapport général : « Le choix des langues d’enseignement dans l’Ecole réunifiée doit obéir à l’impératif d’offrir l’accès le plus facile, le plus efficace et le plus équitable au savoir. D’où l’impérieuse nécessité d’accorder une importance capitale à l’enseignement en langues maternelles et d’assurer un choix judicieux des langues d’ouverture ».

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  • Dans les annexes au projet de loi figure le chapitre « Mesures transitoires ».

Il faut souligner que ce chapitre n’a pas fait l’objet d’un consensus pendant les JNC pour la simple et bonne raison qu’il n’a pas été discuté. Son retrait a été demandé juste après la lecture du rapport par les représentants de la Coordination. Cette demande a été réitérée au MEN lors de l’audience qu’il a accordée au présidents des associations composant la Coordination et il a été proposé de confier la gestion de la période transitoire à une commission technique.

Il est notamment mentionné dans cette annexe : « Pour l’enseignement préscolaire » : « Les activités ludiques et d’éveil sont développés en langues nationales : l’arabe, le Poular, le Soninké et le Wolof. », « L’apprentissage des connaissances et aptitudes de compréhension et d’expression, est effectué en langue arabe, avec l’appui, si besoin est, sur les autres langues nationales »  ; « L’apprentissage de l’alphabet arabe et l’acquisition de compétences de mémorisation pour un enseignement précoce du saint coran. »

Pour la Coordination, ce paragraphe doit être remplacé par : « pour l’enseignement préscolaire, toutes les activités ludiques et d’éveil, tous les apprentissages des connaissances et aptitudes de compréhension et d’expression, sont effectués dans la langue maternelle de l’enfant ».

Il est aberrant de faire, à ce niveau (enfant de 4 ans), un apprentissage dans une langue autre que la langue maternelle de l’enfant.

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